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LES REPRESENTATIONS PONTIFICALES


Détail d’une lettre partiellement chiffrée
 du nonce en Espagne Francisco Des Prats
 à Alexandre VI (Madrid, 14 juillet 1494)
ASV, A.A. Arm. I-XVIII, 5026, f. 105r

   Le premier envoyé du pape apparaît en 314 au synode d’Arles, et représente le pape Silvestre Ier (314-335) dans le conflit opposant l’Eglise de Rome aux donatistes.
Par la suite, des délégués envoyés par le pape se présentent aux conciles oecuméniques anciens, convoqués par les empereurs romains puis par ceux d’Orient. Mais c’est seulement à partir du pape Léon le Grand (440-461) que les pontifes eurent leur représentant auprès de la cour impériale de Constantinople, avec des compétences seulement religieuses et non politiques, les apocrisarii. D’autres figures prirent corps durant le premier millénaire, parmi lesquelles des vicaires apostoliques et des légats missionnaires, lesquels exerçaient leur fonction temporairement et sous le contrôle direct du pape.

    Au cours du IXe siècle, pour la première fois, on peut confier aux légats un pouvoir judiciaire; ils peuvent désormais engager une enquête judiciaire en cas de mauvaise administration ecclésiastique. Avec Nicolas Ier (858-867), les légats acquièrent encore une fonction politique.

    Au cours des XIIe et XIIIe siècle, le droit décrétal en vient à distinguer avec clarté trois classes de légats : les légats a latere (ou de latere), les légats missi et les légats nati. Au début du XIIe siècle, un nouveau type d’agent curial commence à prendre forme, le collecteur, dépendant de la Chambre Apostolique, chargé de la perception des dîmes imposées par le pape et des diverses taxes prélevées par le Saint-Siège. Souvent, dans les régions les plus éloignées, les collecteurs ajoutaient des fonctions diplomatiques à leur tâche fiscale.

    Cependant, c’est au XVIe siècle que les premières représentations permanentes et non extraordinaires commencent à prendre forme. On fait remonter à l’accréditation d’Angelo Leonini auprès de la cour du doge de Venise la naissance de la première nonciature fixe. Durant tout le XVIe siècle, c’est ainsi que s’instituent les premières nonciatures, à Venise, Naples, Madrid, Lisbonne, Paris, auprès de l’empereur à Vienne, puis dans la seconde moitié du siècle à Varsovie. Et encore en Italie (avec Turin et Florence), puis Cologne et Lucerne, Graz et Bruxelles. Aux premières nonciatures «historiques» se superposèrent lesdites «nonciatures de la Réforme», dont les principales compétences se rapportaient aux affaires internes de l’Eglise et à celles dites «de cour»
Code remontant aux dernières années du pontificat d’Alexandre VI
ASV, A.A. Arm. I-XVIII, 5026, f. 101r

   Parmi le personnel de la nonciature, on comptait, outre le nonce, l’auditeur, à la tête du tribunal, et l’abréviateur, qui dirigeait la Chancellerie. Avec la création de la Congrégation de la Propagande de la Foi, en 1622, le pape délégua à toutes les nonciatures de l’époque sa juridiction sur les territoires connus.

    Le Congrès de Vienne (1815) donna aux nonces une position établie, à l’échelle internationale, en la qualité de doyen du corps diplomatique. Avec l’indépendance des Etats latino-américains au XIXe siècle et la désagrégation de l’Empire austro-hongrois, de l’Empire russe et de l’Empire ottoman au XXe siècle, les représentations pontificales se multiplièrent, distinguant les délégations apostoliques, qui représentaient le pontife seulement dans le cadre interne de l’Eglise sans avoir aucun caractère diplomatique, et les nonciatures apostoliques, qui exerçaient leur activité de représentation autant auprès des Etats qu’à l’égard de la hiérarchie ecclésiastique, formant ainsi une double légation, externe et interne.

   Aujourd’hui le Saint-Siège a plus de 200 représentants permanents auprès des Etats et des Organisations Internationales.

Second étage supérieur des Archives Secrètes Vaticanes où est gardée,
dans des armoires appropriées en bois, du XVIIe siècle,
la correspondance diplomatique du Saint-Siège, constituée des anciennes archives
de la Secrétairerie d’Etat et de la documentation des diverses légations pontificales
 
 

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